Si vous le pouvez, choisissez un Armagnac d’assemblage réduit à 40 ou 42 %, c'est une période flatteuse, avec des arômes souvent pâtissiers que chacun d’entre nous a enfoui depuis l’enfance. Tout en profitant des teintes dorées ou acajou de l’eau-de-vie, faites tourner l’Armagnac dans le verre pour mouiller ses parois afin d’augmenter la surface d’évaporation et enrichir la proportion des arômes à la surface du verre. Approchez le nez du verre (pas trop bas) sans agiter et humer doucement. Le premier nez est parfois vif, “montant”, mais au bout de quelques secondes, les notes les plus volatiles s’échappent et le nez s’adapte, votre mémoire olfactive sait alors découvrir les nuances de fruits confits, d’épices… C’est le temps du parfum. Et en bouche, comment découvrir avec le même plaisir les nuances de l’Armagnac ? Je conseille une première toute petite mise en bouche afin de tapisser doucement le palais avec les arômes de l’Armagnac et apprivoiser les papilles. A la deuxième dégustation, on percevra une évolution dans les sensations : d’abord la sucrosité puis la chaleur de l’alcool. En même temps, le fondu des tanins du bois et la richesse des arômes viennent enrober la sensation de puissance et apporter de l’onctuosité. On retrouve tout au long de la bouche une variété aromatique proche de celle du nez avec en plus une belle persistance, c’est le gage de la qualité de l’Armagnac. Dernier petit conseil-plaisir, une fois le verre vide, ne l’abandonnez pas: chauffez-le entre vos mains et sentez, c’est le “fond de verre”; pruneau, épicé, rancio ou vanillé, la quintessence de l’Armagnac s’y trouve encore ! |